Ne rien capter, en musique

Aboul a beaucoup écouté de la musique à laquelle elle ne comprenait rien. Grandissant dans une famille trilingue, ne maitrisant que tardivement deux des langues, j'ai beaucoup fredonné ou yaourté les chansons et mélodies qui m'entouraient. Un peu comme mes copains francophones qui tentaient de chanter Whitney Houston à 12

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Au sujet d'Aboul

Aboul fait 1m61 et a de grands yeux. L'une de ses principales questions est de savoir s'il est possible d'aligner son mode de vie avec ses idéaux. Parfois ça ne marche pas et on en rigole bien.

Aboul a beaucoup écouté de la musique à laquelle elle ne comprenait rien. Grandissant dans une famille trilingue, ne maitrisant que tardivement deux des langues, j'ai beaucoup fredonné ou yaourté les chansons et mélodies qui m'entouraient. Un peu comme mes copains francophones qui tentaient de chanter Whitney Houston à 12 ans, sauf que cela commença à 3 ans, lorsque je j'entonna très fort "Je m'en vais voir les p'tites femmes de Pigalle" devant ma mamie française. Elle n'était que moyennement impressionnée par les phrases quasi reconnaissables qui suivaient. Elle n'aimait pas spécialement Fairuz non plus, qu'elle soupçonnait de proférer des borborygmes inventés plutôt que de la poésie mélodieuse.

Je me rends compte que mon univers musical est relatif et restraint. Quand je parle à des musiciens je m'aperçois que j'écoute moins de 1% de ce qui est possible. Et pourtant je demande régulièrement à YouYube de me fournir de la musique dans des langues que je ne parle absolument pas ! Mais même dans la musique francophone je suis fainéante. J'ai récemment découvert que l'opéra pouvait m'émouvoir au point de m'empêcher de remplir un excel de chiffres - tâche mécanique s'il en fut. Je ne sais pas faire la différence entre deux mouvements musicaux majeurs de deux derniers siècles. Et que dire de la musique proprement "étrangère" ?

J'ai beau passer mes journées au téléphone avec les 16 coins du monde - quatre coins ne suffisent à décrire le monde tel qu'il est lorsqu'on essaie de joindre des personnes spécifiques dans une soixantaine de pays différents - je n'ai aucune idée des sons qui les font danser, pleurer, vibrer.

J'ai donc décidé de me poser comme micro-défi de la semaine d'écouter des musiques qui me sont totalement éloignées. Dans la mesure du possible - car l'extrémisme culturel n'est pas de mise - et avec les outils les plus basiques - inutile de prendre la grosse tête. Certes, une partie bienpensante de ma personne espère mieux comprendre les milliers d'identités et fonctionnements neurologiques culturels qui constituent les ensembles humains. Plus prosaïquement, pourquoi se priver ?

Comment faire
  • voyager dans le temps et l'espace avec des radios improbables, c'est possible avec radiooooo.com. Choisissez le pays et la décennie et savourez la suite. Toutes les décennies ne sont pas remplies pour chaque pays car les enregistrements sont d'époque (charme et limite du site)

  • Sérieusement, je pense que YouTube est sous exploité. A chaque fois que j'essaie d'écouter quelque chose de nouveau je finis sur de la musique ultra commerciale. Il est temps de combiner les pouvoirs de Wikipedia (ex: chanteur célèbre Thaïlande) avec YouTube pour tester des choses hors du commun. Vous pouvez commencer avec Fairuz si vous voulez de la pure tradition libanaise.

  • Demander à toute personne autour de vous ce qu'elle écoute. Leur demander en particulier ce qu'elles pensent être seules à écouter. Outre le risque de découvrir que vos collègues écoutent encore Britney Spears, ce sera l'occasion de découvrir du neuf.

Partagez vos habitudes musicales les plus personnelles et intenses, ça nous intéresse !

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