No Poo, un premier mois sans shampooing

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Au sujet d'Aboul

Aboul fait 1m61 et a de grands yeux. L'une de ses principales questions est de savoir s'il est possible d'aligner son mode de vie avec ses idéaux. Parfois ça ne marche pas et on en rigole bien.

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Comment est-ce qu'on commence une histoire "no poo" ? Qu'est-ce qui pousse un individu, et surtout une individu aux cheveux longs à décider de larguer ses shampooings et faire l'apprentie sorcière dans la cuisine ?

Dans mon cas ce fut graduel. Je connaissais déjà le phénomène, mais pensais que ce serait trop difficile dans une ville polluée. J'avais d'ailleurs offert un shampooing écologique à une copine "no poo" qui séjournais pour la première fois à Londres, lui permettant de retrouver ses boucles soyeuses sans culpabiliser alors que l'air de la ville déstabilisait son cuir chevelu.

Car oui, le premier argument des "no pooers" est l'environnement. De nombreux blogs vous expliqueront en détaille comment les shampooings déversent quantité de substances toxiques au rinçage. Ce qui amène au deuxième point : santé. En effet, qui dit toxique pour la planète, dit sans doute risqué pour l'homme. Encore une fois, avec du recule on peut supposer que les quantités de shampooing nécessaires pour rendre les lavages plus cancérigènes que l'air que nous respirons ou les petites tâches sur les pommes sont faramineuses. Beaucoup de pincettes, donc.

L'argument suivant, est souvent la beauté retrouvé de cheveux qui ne sont plus soumis aux lavages brutaux des shampooings. Nos amis aux tignasses bouclées, frisées ou crépues vous diront que le shampooing est une agression. Pour ma part, cheveux bien lisses, pas d'inquiétude particulière de ce côté.

Non, ce qui m'aura vraiment fait basculer est plus simple que cela. Mes arguments se résument en trois points: 1) le fantasme de pouvoir me laver les cheveux une fois par semaine seulement, 2) la perspective de m'amuser à mélanger mes propres ingrédients et 3) le ras-le-bol face à tous les déchets plastiques engendrés par mes produits divers et variés.

Me voilà donc embarquée : un dimanche je me procure en douce du bicarbonate de soude alimentaire, je lis environ 400 recettes et méthodes de lavage et je me lance sous la douche avec un verre d'eau et une cuillère de poudre blanche.

Eh bien les amis, le "no poo" est une pratique qui se mérite, et mon mois capillaire a été plus agité que ne laissait paraître le chignon haut que j'ai porté une jour sur deux. Car oui, je peux affirmer que les personnes à qui je n'ai pas raconté mon défi n'ont rien vu. Rien. Et même lorsque mes cheveux n'étaient pas "normaux", ils ne prenaient jamais la texture de mes bad hair days de l'époque du shampooing.

Le premier mois est difficile.

Avoir des cheveux moins que parfait est une blessure narcissique profonde. Sans mélodrame, il suffit de regarder les sommes que nous sommes prêts à investir, les soins prodigués, et le temps passé sur cette partie du corps pour comprendre que nous ne nous supportons pas avec des mauvais cheveux. A cet effet, certaines langues nomment même certains types de cheveux bons et d'autres mauvais, et bien des chevelures sont contraintes à se raidir pour plaire à la mode.

Pour faire court, avoir des cheveux moches donne envie de pleurer.

Donc que se passe-t-il pendant le premier mois ?

D'abord, sans les lavages industriels, qui retirent tout le sébum (ou gras, histoire de vocabulaire), les cheveux deviennent plus gras. C'est une texture très différente de ce que j'avais connu auparavant aux jours où une panne de reveille m'envoyait au bureau avec des cheveux légèrement luisants. Là c'est une texture plus épaisse, plus comme de la cire, et uniquement à certains endroits.

Et puis surtout, on sait qu'on doit passer par la terrible phase de transition au cours de laquelle nos cheveux s'habituent a vivre leur vie, à produire moins de sebum, et à ne plus être couverts par des après-shampooings qui auraient tendance à masquer leur véritable état. Oui, les cheveux vont recouvrir leur liberté au prix d'un à trois mois de transition.

Alors qu'est-ce qu'on fait ? On ne chouine pas. On consulte la toile mondiale avec encore plus de concentration. On se réconforte en se rappelant qu'il y a aussi déjà du positif (lavages espacés, cheveux plus brillants hier, chignon beaucoup plus épais etc.).

On se dit aussi qu'on était là pour s'amuser et que c'est le moment de mettre des fruits, légumes et autres ingrédients incroyables dans ces cheveux ! Oui, messieurs, dames, on peut se faire une compote pour se l'appliquer sur les cheveux ! Ou battre un oeuf et rajouter un miel et se laver les cheveux avec !

Nous voilà repartis avec beaucoup plus d'enthousiasme dans l'aventure - sans toute fois être certains du résultat final - et je dois dire qu'un mois plus tard je vois le bout du tunnel. La transition est plus maitrisée, et mes lectures m'ont déjà permis d'affiner (et de tester) les recettes de lavages les plus adaptées à mes cheveux, à l'eau calcaire de mes robinets et à mon mode de vie.

Donc l'aventure continue.

Pour vos lectures, et pour ceux et celles qui pourraient s'intéresser à une vie "no poo", voici quelques bonnes adresses :

  • pour l'incroyable bibliothèque de fichiers, et pour le soutient dont les membres du groupes font preuve lorsque les newbies ont une question, le groupe Facebook spécialisé dans le No et Low Poo,

  • pour toutes les recettes de lavage du monde, un blog d'une personne qui prend tout cela très au sérieux,

  • pour ceux qui vivent avec une eau calcaire, ce blog vous sauvera aussi la vie

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